Vie étudiante : le paneau d'affichage
Interview : Solidarité sida, bénévolat,... Antoine de Caunes raconte le Solidays

Publiée il y a 9 jours

Auteur: Mélanie Faure
Categorie: Vie étudiante : le paneau d'affichage

Il est le président d'honneur du Solidays depuis sa création : Antoine de Caunes est la tête d'affiche du festival qui s'est tenu du 23 au 25 juin dernier à l'hippodrome Longchamp à Paris. Chaque année, le journaliste arpente la pelouse parisienne, régulièrement alpagué par les festivaliers friands de selfies. A Job Etudiant, le présentateur de "L'émission d'Antoine" sur Canal + revient sur ce combat et ce rendez-vous musical incontournable.


Crédits photo : Loubna Chlaikhy

Quel est le programme de l'édition 2017 ?

Antoine de Caunes : C'est la 19ème édition. Elle a pour titre "Still standing", c'est à dire "Toujours debout", une manière de dire que 19 ans après on est toujours là et on se bat encore pour les mêmes raisons. Notre travail initial pour le sida s'est étendu à tout ce qui touche de près ou de loin à la solidarité. Le Solidays, c'est un de la musique mais aussi une centaine d'associations qui témoignent de leur quotidien. Le Solidays est paradoxal : en somme, c'est un endroit festif et joyeux où l'on parle de sujets ni festifs, ni joyeux.

Pourquoi vous êtes-vous engagé auprès de Solidarité sida ?

Je suis président d'honneur de l'association depuis 25 ans. Solidays est l'un des événements mis en route par Solidarité sida. On s'est retrouvé avec un savoir-faire de promoteur de spectacles et on a souhaité le mettre au service de cette cause. Le fondateur Luc Barruet cherchait une personnalité dédiée à véhiculer le message. A l'époque, j'avais un statut de semi-journaliste et j'avais toujours refusé de m'investir dans une cause plus qu'une autre afin de garder une forme de neutralité. Le sida à la fin des années 80 a touché ma génération et les gens étaient très mal informés. Il y a eu un choc et c'était très discriminant, en raison de son lien avec la communauté homosexuelle américaine. On s'est vite rendu compte que cette maladie était un carrefour idéal pour parler du monde car ça touche à la politique, la sexualité, aux rapports humains, etc.


Quelles ont été les évolutions du Solidays au fil des années ?

On doit chaque année innover, proposer quelque chose de plus. C'est devenu un véritable village avec des artistes, des associations et des attractions. Mais dès le début, le Solidays a été un festival unique avec une âme. Ce n'est pas un simple festival de musique. On dit aux gens : "Faites-vous plaisir, écoutez de la musique mais par ailleurs, vous allez entendre d'autres choses".


Crédits photo : Loubna Chlaikhy

Sur quels critères sont sélectionnés les artistes ?

Nous avons une ligne éditoriale mais il y en a pour tous les goûts. Nous voulons des têtes d'affiches mais aussi de nouveaux talents. Vu que de nombreux festivals se sont développés au fil des années, il est dur de programmer en toute sérénité les artistes, qui sont très demandés l'été. Mais quand le Solidays appelle, ils acceptent assez facilement. Aujourd'hui, je suis allé voir le duo de Nantais, Ko Ko Mo, et j'ai à présent hâte de découvrir le collectif Archive ainsi que -M- sur scène.

Quel est le rôle des bénévoles ?

Sans eux, il n'y a pas de festival. Il y a 3000 personnes qui travaillent bénévolement pour l'association durant l'année et 1500 travaillent sur l'organisation du festival. Quand je parle des bénévoles, ça s'étend jusqu'aux techniciens qui montent les structures. Certains donnent trois semaines de leur temps de vacances et campent pour tout mettre en place : il faut que les gens prennent du plaisir à être là. J'ai l'impression que la notion de solidarité commence avec le bénévolat. Dès qu'on se sent impliqué dans un mouvement, ça change la vie.


Antoine de Caunes face à Job Etudiant; Crédits photo : Loubna Chlaikhy

Comment expliquez-vous le fait que le festival attire un public très jeune ?

On s'intéresse vraiment à un public jeune en raison de nos deux axes de travail. Le premier, c'est la prévention car le message s'est dilué au fil des générations. On répète aux jeunes qu'il faut utiliser le préservatif, sans toutefois faire la morale. Le virus est aveugle, il se fout de la religion, de la couleur de peau et du groupe sanguin. Le deuxième, c'est de lever des fonds afin de soutenir les associations implantées en Afrique, en Asie et partout ailleurs dans le monde.

Propos recueillis par Mélanie Faure

Twitter : @jobetudiant - @melaniefaure - @antoinedecaunes