Mes études à l'étranger : Marine apprend l'orthophonie en Belgique

Liège
La Boverie à Liège; Crédits photo : Marine

Pourquoi être partie étudier à l'étranger ?

En France, le taux de réussite est d’environ 5% en classe préparatoire aux concours des écoles d'orthophonie et la prépa sur Lyon coûtait 2700 euros. J'ai tenté ma chance en Belgique, et plus précisément à Liège, où j'étudie actuellement en troisième et dernière année d’orthophonie, logopédie. En août 2014, nous étions à peine plus de 90 candidats pour 35 places, ce qui était beaucoup plus confortable que les 5% de réussite aux concours.

Comment se sont passés les premiers pas sur place ?

Les premiers temps étaient un peu difficiles. Il faut savoir qu'on vient pas forcément en Belgique par plaisir puis, originaire du Sud-Est de la France, j’avais un peu peur de la météo. La langue est l'un des obstacles. J'ai dû apprendre de nouveaux mots : un "kot" (un studio immobilier), les taques électriques, le parlophone, la télédistribution, la farde, le plumier, la chique, le torchon pour désigner la serpillère… Il y a beaucoup de quiproquos et c’est très drôle ! J'ai totalement adopté le mode de vie belge. Je vis en colocation avec deux autres personnes pour ne pas me sentir seule. Le seul hic ? Le pain qui n’est pas très bon !

Liège
Marine; Twitter de Marine

Est-ce simple de s'intégrer ?

Oui, mais surtout entre Français. C'est seulement ensuite que nous nous sommes progressivement mélangés aux Belges. Les Belges aiment bien les Français et connaissent bien notre pays, même si les clichés ont la vie dure, surtout envers les Parisiens considérés comme prétentieux !

A quoi ressemblent les cours en Belgique ?

Ca s'apparente au lycée. Nous sommes dans des classes de cours ou de petits amphis en petits et moyens groupes avec 15 à 60 personnes. Les semaines sont remplies : en première année, nous avons cours du lundi au vendredi de 8h15 à 12h30 puis de 13h30 à 17h45. Au deuxième semestre, nous suivons une matinée de stage par semaine dans le cadre duquel on fait passer des tests d’orthophonie à des enfants de maternelle. Nous avons 3 sessions d’examens : janvier, juin et août/septembre. Au quatrième semestre s’ajoute un stage hebdomadaire d’une après-midi en maison de retraite. En troisième année, nous devons effectuer un dernier stage d’observation avec une orthophoniste libérale doit être effectué, de 30h cette fois-ci.

En Belgique, il faut obtenir 10 de moyenne dans une matière pour la valider et il faut valider toutes les matières pour décrocher son diplôme. Egalement, pour passer de la deuxième année à la troisième année, il faut obligatoirement valider ses stages de deuxième année et un maximum de matières sinon c’est ingérable.

Qu'apprenez-vous concrètement ?

La psychologie générale et génétique, l'anatomie générale, l'ORL, l'origine du langage, la méthodologie des tests d’intelligence, la biologie, les troubles myofonctionnels et de la voix ... Le rôle de l’orthophoniste est de connaître les mécanismes d’apprentissage du langage pour pouvoir les manipuler et aider son patient. Notre travail consiste entre autres à donner le plaisir du repas à un bébé ou à une personne handicapée avec des problèmes de déglutition ou rééduquer des enfants qui ont des problèmes de lecture.

Liège
L'école de Marine à Liège; Crédits photo : Marine*

Votre vie sociale est-elle riche ?

Je sors parfois boire un verre avec mon copain ou mes colocataires et en octobre, je vais à la foire faire des manèges et manger des frites ! Je ne sors pas beaucoup car la formation me prend beaucoup de temps. Le rythme est très soutenu et il arrive très fréquemment que je me couche à 3 ou 4h du matin pour préparer mon matériel avant d’aller en stage alors que je me lève... à 6h.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent mettre le cap sur la Belgique ?

De s’accrocher et d’être bien entourés de leurs proches. C’est une très belle expérience : même si la Belgique est un pays frontalier où l'on parle le français, c'est dépaysant car la culture et la mentalité sont différentes de nôtres. Sans parler de l'apport professionnel. La Belgique n’est qu’un choix par défaut mais il faut profiter de tout ce qu’elle peut nous apporter.

*Twitter : @jobetudiant - @melaniefaure *