Les personnalités politiques retournent à l'école !



Alain Juppé à l'université Panthéon Assas en février. Crédits photo : France 3

Invité de l'Assas Junior Conseil le 24 février dernier, le maire de Bordeaux Alain Juppé est allé à la rencontre des étudiants de la prestigieuse université parisienne. Le potentiel candidat à l'élection présidentielle de 2017 s'est prêté à un jeu de questions-réponses et a donné une conférence face aux 2000 étudiants et journalistes venus l'écouter. « Je suis heureux, car j'aime être devant des jeunes de votre génération. Vous êtes l'antidote à la morosité ambiante », avait déclaré à son arrivée Alain Juppé.

Stratégie politique ou envie réelle de rendre visite à la génération de demain, il semblerait que l'homme de 70 ans soit en pleine opération séduction. Une apparition qui n'est pas nouvelle. "Juppé est la personnalité française la plus friande de ces rendez-vous, raconte à Job Etudiant le journaliste politique du Figaro Tristan Quinault Maupoil. Les premières rencontres ont eu lieu dans les années 70. Si vous regardez les archives de l'ESSEC, c'est à ce moment-là que le maire de Bordeaux Alain Juppé (LR) s'était rendu pour la première fois à l'ESSEC à la rencontre des étudiants." En avril 2015, le principal rival de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite participait à un débat avec les étudiants organisé par l'université de Paris Dauphine, dernier rendez-vous d'une chaîne de rendez-vous universitaires à Sciences Po, HEC et l'ESSEC.

A Studyrama, Alain Juppé affirmait : "'J'entends parfois dire que la jeunesse a perdu le goût du risque, le sens de l'innovation, l'esprit d'entreprise, et qu'elle regarde l'avenir avec angoisse. Eh bien, quand je rencontre ces jeunes, et cela arrive fréquemment, soit lors du cycle "Parole aux jeunes" que nous avons initié, soit lors de conférences, je constate que c’est tout le contraire. Il y a, en France, un potentiel tout à fait extraordinaire. D'abord une qualité de formation qui, malgré certaines défaillances de notre système éducatif, est une des meilleures du monde, et puis un enthousiasme, une volonté de créer et de se lancer qui laissent bien augurer de l'avenir.''"

Comme Alain Juppé, nombreuses sont les personnalités politiques à franchir les amphithéâtres des universités et grandes écoles françaises. Si les politiques sont friands de ces meetings "post-bac", c'est parce que ces générations sont les futurs potentiels électeurs et de potentiels militants. "Les jeunes sont contents car ils rencontrent la personnalité politique, ils la découvrent sous un autre jour, se sentent privilégiés et seront ainsi plus enclins à voter pour elle, ajoute Tristan Quinault Maupoil. A l'époque, les personnalités politiques faisaient ça dans un but altruiste, académique. Aujourd'hui, c'est une véritable stratégie politique."

Sur l'estrade, un étudiant endosse le rôle d'interviewer quand vient ensuite le tour au public de poser des questions (deux ou trois seulement en général). "Ces rendez-vous sont différents des apparition dans l'émission Des Paroles et des Actes, poursuit-il. Les étudiants ouvrent la séance avec une biographie décalée et posent des questions plus légères." Et si le public qui les attend n'a rien de l'impitoyable flopée de journalistes, les politiques le savent et adoptent une position plus détendue. "Se sentant plus libres, ils disent certaines choses qui seraient immédiatement reprises par la presse mais que les étudiants ne remarquent pas. Au point de s'autoriser parfois par exemple à lancer des piques... envers leurs pairs !"

Sources : Le Point

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